David LEM, né en 1948, d’origine néerlandaise, Pasteur retraité

Magda LEM, née en 1953, d’origine néerlandaise, Président de MCE

Après le départ d'Ian et Avril Moyle en …( ?), différents missionnaires se sont succédés à l’église de Bourges. Il y a même eu pendant un certain temps plusieurs couples missionnaires qui formaient une équipe pour permettre l’implantation d’une communauté capable de fonctionner en autonomie. Cependant, ce travail étant très difficile, quand les résultats de leurs efforts se font attendre, beaucoup de missionnaires se découragent. Lorsqu’ils arrivent en France ils sont très enthousiastes, pensant pouvoir établir une église en peu de temps. Cependant, et à plus forte raison dans le Centre de la France, il faut être armé de persévérance. A Bourges, comme disait mon confrère pentecôtiste, « c’est la pêche à la ligne et il faut beaucoup… beaucoup, de patience ». On peut comprendre alors que plusieurs missionnaires aient quitté la France… découragés. La France a d’ailleurs la bien triste réputation d’être le « cimetière des missionnaires ».

 

De 1988 à 1992, le couple missionnaire Australien, Jean-Paul et Rhonda Willems, a entrepris un travail d’évangélisation, secondé par une missionnaire Irlandaise, Karen Bell. C’est sous leur direction que la communauté de Bourges est entrée dans la Fédération des Eglises Evangéliques Baptistes de France (FEEBF). Doués de leurs mains, ils ont également fait de grands travaux pour rénover les locaux et la façade de l’église.

 

En septembre 1992 nous sommes sont venus avec nos quatre enfants à Bourges. C’est dans le cadre d’une fusion entre leur mission néerlandaise et la Mission Chrétienne Européenne que nous avions été sollicités pour nous joindre à l’équipe MCE dans le Centre de France. L’assemblée de Bourges a d’abord hésité à recevoir à nouveau des missionnaires étrangers, alors qu’elle appartenait désormais à la FEEBF. Cependant, David étant un pasteur reconnu dans la Fédération Baptiste, elle a accepté de nous accueillir en tant que couple pastoral. A cette époque, 25 à 30 personnes assistaient régulièrement au culte.

Avec Karen Bell, nous avons continué l’évangélisation, et commencé un groupe d’étude biblique avec des dames. Malgré l’expérience que nous avions déjà de la France, nous nous sommes bien vite rendu compte que le terrain était difficile. Des prédications qui avaient reçu une bonne réponse dans d’autres églises restaient sans effet à Bourges. Chaque semaine, nous installions un stand de Bibles sur un marché de la ville, mais il n’attirait que peu de personnes. Chaque année on distribuait, de porte à porte, une centaine de calendriers, sans trop d’effets…

 

Finalement, ce sont les camps d’évangélisation qui ont permis une véritable impulsion. Pendant trois ans nous avons reçu à l’église des jeunes d’Irlande du Nord et des Pays-Bas, sous la direction de John Duncan, responsable de Jeunesse pour Christ en Irlande du Nord. Ces jeunes et ceux de l’église de Bourges ont commencé à chanter et à faire des mîmes de rue. De belles occasions de témoigner et d’amener des personnes aux réunions spéciales se sont présentées. Ces efforts ont aussi eu un impact sur les jeunes de l’église qui se sont engagés avec le Seigneur en recevant le baptême. En une année, nous avons eu la joie de célébrer neuf baptêmes et l’église s’est fortifiée. En mars 1995 l’église a organisé une campagne d’évangélisation avec trois autres assemblées de Bourges. Il s’agissait d’une retransmission par satellite des réunions avec Billy Graham. S’il y a eu peu de conversions, à l’issue de cette campagne, nous retiendrons malgré tout qu’elle a été réellement bénéfique à l’affermissement des croyants, et a contribué à consolider les relations entre églises.

 

Quelque temps après, David a été sollicité pour devenir aumônier de la prison de Bourges. L’église a saisi cette occasion pour élargir le rayonnement du témoignage sur Bourges. Par les visites de cellule en cellule, il a rencontré des personnes et les a invitées à assister aux réunions organisées au sein de la prison. C’est dans ce milieu que David a vu le Seigneur agir puissamment dans les cœurs de certaines personnes. Il se souvient d’Akim, par exemple, un arabe de religion musulmane à qui il rendait visite dans sa cellule. Un jour, après avoir beaucoup discuté avec lui, David lui demanda s’il pouvait prier avec lui ; mais le jeune homme a d’abord refusé. David l’a donc quitté en lui disant qu’il prierait pour lui chez lui. Intrigué, Akim a voulu savoir ce que David allait dire à Dieu à son sujet, ce qu’il allait demander, mais David lui a répondu : « Ah, écoute… tu ne veux pas que je prie avec toi, alors ne me demande pas ce que je vais demander à Dieu ! ». « Prie avec moi, alors ! » a dit Akim, et David s’est adressé à Dieu en la présence du détenu. Après la prière, le visage d’Akim était baigné de larmes et il a donné sa vie au Seigneur ; quelques mois plus tard, au tribunal, il a affirmé au juge que sa vie avait été bouleversée et qu’il avait totalement changé. Bien entendu Akim a dû purger sa peine mais sa vie n’a plus été la même. Grâce aux visites de David alors qu’il était encore incarcéré, un autre prisonnier a commencé à assister aux cultes à l’église de Bourges après sa libération.

 

Pendant plusieurs années, nous avons travaillé à structurer l’église de façon à lui permettre de fonctionner en autonomie, après notre départ. Par des études et des réunions de formation, nous avons vu plusieurs membres commencer à prendre plus de responsabilités. Une équipe de prédicateurs a été formée et le conseil a été renforcé avec des personnes ayant des capacités de direction. Une campagne intitulée « 40 jours pour vivre l’essentiel » a beaucoup contribué à la consolidation de l’assemblée. Cette campagne a aussi été le début des groupes de maisons. C’est dans ces groupes que les membres sont encouragés à grandir ensemble et à s’investir dans l’église.

 

Après 15 ans dans la ville de Bourges, nous avons vu que le temps était venu pour nous de passer la main. L’église s’était fortifiée et comptait plusieurs personnes bien impliquées dans sa direction. Nous sommes restés encore une année sabbatique à Bourges et avons vu avec joie comment l’église s’organisait pour poursuivre son chemin avec le Seigneur.

 

David et Magda LEM