Anne A.

né en 1964

Française

Enseignante

« Un avant goût de Paradis… »

 

En Août 2013, mon mari et moi avons posé nos valises dans un bel appartement en plein centre de Bourges et pour de longues années, du moins nous l’espérons !

 

Après avoir pas mal voyagé pour raisons professionnelles en Europe, en Asie, et élevé nos 3 enfants chemin faisant, nous étions rentrés temporairement dans notre dernier port d’attache français : à Orléans.

 

C’est là, à l’église Evangélique libre des Blossières, que j’avais intégré ma première communauté protestante - deux ans après la "rencontre" avec Dieu que je relate ci-après. C’est là aussi que j’ai demandé et reçu le baptême en tant qu’adulte, au terme d’un long cheminement intérieur. C’est enfin à cette église que je dois d’avoir consolidé ma "demeure spirituelle". Qu’elle en soit remerciée !

 

Née dans une famille catholique où j’ai connu l’amour, la joie, le respect, j’ai beaucoup appris de Dieu par la présence aux autres que mes parents ont toujours manifestée, portés par une foi solide enracinée dans la prière familiale et la participation à la messe les dimanches.

 

Avec mes 4 frères et mes parents, nous débattions souvent de questions de foi au cours de la prière du soir, et toute question sincère était considérée comme digne d’approfondissement.

 

Dans mon jeune âge adulte, j’ai conservé la foi, mais j’ai fait des "expériences" qui m’ont écartée peu à peu d’une pratique régulière. C’est à cette époque que j’ai connu mon mari, que j’aime toujours trente ans plus tard !... Il n’est pas encore croyant à ce jour, mais il respecte ma relation à Dieu.

 

Cependant beaucoup de questions quant à la validité des dogmes ainsi que l’histoire de l’église, la vénération aux Saints et à Marie, ne trouvaient à mes yeux dans l’église catholique et romaine que des réponses approximatives. Ces discordances parlèrent encore plus fort quand je relus intégralement la Parole - j’avais alors environ 25 ans, et en Hollande où nous habitions, je rencontrai pour la première fois le protestantisme et les Témoins de Jéhovah. Ce qui fut l’occasion de faire le point sur différents courants spirituels, de me demander en quoi je croyais et pourquoi.

 

Et voici l’évènement qui plus tard balaya "les religions" pour m’attacher à Dieu le Père :

 

C’était en mai 1994...

 

À l’époque, nous habitions le sud de la France, entre Avignon et Carpentras.

 

Je faisais le catéchisme pour un groupe d’enfants qui préparaient leur première communion, et je voulais offrir à chacun un petit Nouveau Testament. Je savais que les églises protestantes en fournissaient par l’intermédiaire des "Gédéons". Une très aimable vieille dame - je me souviens de sa simplicité et de la lumière bienveillante qui éclairait son regard - m’en a effectivement fourni une douzaine.

 

À cette occasion elle m’a également invitée à une conférence se tenant le vendredi suivant, à Carpentras.

 

Le thème : Une ex-conseillère d’un cabinet ministériel (celui d’Edith Cresson en 1983) venait apporter son témoignage et raconter comment Dieu avait radicalement transformé sa vie.

 

La semaine avançant, j’ai eu un désir croissant d’aller écouter cette conférence, et me suis arrangée avec mon mari pour qu’il garde nos 3 jeunes enfants ce soir-là.

 

Ce que j’entendis dans la petite salle d’église où étaient réunies une trentaine de personnes me laissa perplexe : notre oratrice, d’allure très "bon chic bon genre", racontait comment elle avait exercé ses talents occultes de tireuse de cartes et de divination pour beaucoup de personnes des hautes sphères gouvernementales et du gratin parisien... Bien qu’elle ait été autrefois riche, et issue de ce même milieu, sa vie personnelle ainsi que ses affaires allaient alors de mal en pis.

 

Elle raconta ensuite comment après avoir rencontré Dieu et lui avoir remis sa vie avec tous ses problèmes, Il lui donna la joie, restaura sa vie lorsqu’elle abandonna toutes ses pratiques occultes, pour l’appeler à un ministère de témoignage et de délivrance.

 

C’était tout à fait incroyable et j’étais dubitative bien que cette femme semble sincère, paisible et sensée...

 

Je pensais alors en mon for intérieur : " Seigneur, si ce que j’entends est bien vrai, il faudrait quand même que je le sache !..."

 

Après son témoignage, elle nous invita à la prière avant que chacun rentre chez soi, et alors qu’elle faisait une simple prière de clôture, une expérience extraordinaire s’opéra en moi :

 

Je fus comme "enlevée au ciel en esprit" - moi qui suis d’un naturel si pratique et si rationnel ! (je suis maîtresse d’école, c’est vous dire !..)

 

Durant cette expérience, je ressentis ce que les mots ne peuvent décrire ; c’est comme si la Gloire de Dieu me remplissait tout entière d’un amour liquide, je me sentais transformée, renouvelée et pleine de force, d’une énergie nouvelle en même temps que prise d’un immense respect, presque une crainte, devant tant de gloire, de puissance et d’amour...

 

Je percevais autour de moi des présences glorieuses, lumineuses qui étaient proches de celle de Dieu que je ne pouvais voir, mais dont il émanait tant de majesté que je ne pouvais le supporter. Ce que je recevais était déjà trop grand pour moi, et je sentais que ce n’était qu’une infime part de cet être infini !

 

Après un temps qui était "hors du temps", la vision se dissipa et je me trouvai assise à ma place, dans cette salle où personne ne m’avait touchée ni approchée, chacun priant dans un recueillement paisible. Tout semblait "normal", mais moi j’étais transformée : oui, j’avais toujours cru en Dieu, même si je me préoccupais alors peu des choses spirituelles... maintenant j’étais sûre de Son existence et je ressentais Son amour immense et sa force.

 

C’est dans cet état d’esprit (qui mit bien une semaine à se dissiper complètement) que je rentrai chez moi. Cette nuit-là, je pus à peine trouver le sommeil, et je demandai à Dieu de m’expliquer ce qui s’était passé. Pourquoi moi ? Dans quel but ?

 

Il me donna le lendemain Sa Parole, en Hébreux 12, et en particulier ce passage : versets 22-24 :

"Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste avec ses milliers d’anges. Vous vous êtes approchés d’une assemblée en fête, celle des fils premiers-nés de Dieu, dont les noms sont écrits dans les cieux. Vous vous êtes approchés de Dieu, le juge de tous les hommes, et des esprits des hommes justes rendus parfaits. Vous vous êtes approchés de Jésus, l’intermédiaire de l’alliance nouvelle [...]"

 

Je retrouvai dans ce passage une vive impression de ce que j’avais vécu. D’ailleurs cette nouvelle expérience éveilla en moi le besoin de lire régulièrement la parole de Dieu dans ma bible. Depuis, bien souvent, elle me parle directement au cœur - alors qu’avant je la lisais seulement au travers du filtre de ma pensée. C’est là que j’ai compris que Sa parole est vivante !

 

Je voyais également les hommes et les femmes de ma vie de tous les jours comme Dieu les voit : par exemple, le lendemain, je fus émue de tendresse et de compassion quand mon mari donna spontanément un pain et de l’argent à un homme qui se tenait dans le froid au sortir de la boulangerie. Je voyais la beauté du monde, de l’humanité, de la nature avec un émerveillement renouvelé, j’étais aussi plus sensible à leurs détresses...

 

J’allai aussi le lendemain rendre visite à un ami, un moine que j’avais toujours apprécié pour son calme et son discernement, et je lui racontai ce que j’avais vécu. Il m’écouta et m’assura (ce qui me rassura) que cela venait bien de Dieu au travers du Saint Esprit : j’avais reçu une "onction du Saint Esprit" en réponse à mes questionnements, à ma foi. Il me conseilla de faire confiance, de remettre complètement ma vie à Dieu qui me guiderait pour savoir quoi faire de ce trésor extraordinaire !

 

Aujourd’hui, plus de vingt ans après, je chemine toujours avec le Seigneur, en essayant avec l’aide du Saint Esprit de ne jamais oublier la grandeur de ce don. De partager la paix, la joie, l’espérance et l’amour qu’Il me donne là où je suis, à ceux que je rencontre, tout simplement.

 

Et j’ai vu souvent qu’à travers les toutes petites choses que nous faisons en écoutant la "petite voix intérieure" nourrie dans la prière, Il en fait de grandes !

 

Voilà l’histoire de ma rencontre avec le Père ; quelle sera la vôtre ?