Hye-Jeong Oh

née en 1984

Coréenne

étudiante

« Je fus heureuse d’être croyante en voyant mon changement de comportement grâce à la prière »

 

Automne 2008 : après 10 mois passés à Paris en tant qu’étudiante étrangère, j’avais beaucoup d’appréhension concernant mon futur. Quitter le cocon familial pour me retrouver dans un pays inconnu, ainsi que le retour en Corée de mon amie qui m’avait accompagnée pendant 8 mois, tout cela me mit dans une situation où je ne pouvais plus compter sur personne. J’avais beaucoup de craintes concernant mon entrée dans le cycle supérieur en France.

 

Mais pendant cette période difficile, je pus malgré tout demander de l’aide et des conseils à mon amie que j’avais rencontrée en Corée lorsque j’étais au collège. Elle me conseilla également de passer à son église si je voulais rencontrer d’autres Coréens. La première chose que je vis en entrant à l’église fut le groupe de louanges qui répétait. Alors que le niveau musical n’était pas excellent, je fus surprise mais également touchée (je ne sais pas pourquoi !) par la chaleur et le sérieux des louanges.

 

Alors qu’au début je ne savais même pas en quoi consistait le fait de rendre un culte, je commençai peu à peu à comprendre la Parole au fur et à mesure que les semaines passaient. C’est alors que je me mis à ouvrir mon cœur au Seigneur, et versai mes premières larmes sans en connaître la raison. Je commençai également à louer l’amour du Christ mais aussi à prier à voix basse de peur que les autres ne m’entendent.

 

Il m’est même arrivé d’avoir des envies de louer le Seigneur lorsque j’étais seule à la maison. J’ouvrais alors les louanges qui se trouvent à la fin de la Bible coréenne et je les chantais. Lorsque j’étais préoccupée par la rentrée à l’université ou lorsque j’étais angoissée, je lisais la Bible au hasard, sans même savoir qui étaient les apôtres Paul ou Pierre. C’est alors que j’ai pensé à me faire baptiser et je fus baptisée le 25 décembre.

 

Pendant ces vacances de Noël, une retraite pour les jeunes fut organisée. Mais je devais passer le test de connaissance du Français (TCF) au début d’année, je dus donc renoncer à la retraite avec beaucoup de tristesse.

 

Parmi ceux qui y sont allés, certains dirent « j’ai été rempli de grâce », « je prie en langues ». Je sus que c’était une façon de prier Dieu dans un dialecte apparemment incompréhensible. C’est pourquoi je voulus recevoir ce don moi aussi. Quelques mois plus tard, je vécus une expérience très surprenante.

 

C’est en suppliant mon amie Tae-In que je pus assister pour la première fois au culte du matin. Je fus au début perplexe et même un peu effrayée par l’atmosphère que dégageait la salle de culte, mais je pus malgré tout apprécier l’instant de prière à la fin du culte.

 

Pendant cette période, je confessais de tout mon cœur mes péchés et promis que je ne deviendrais plus jamais esclave du péché. Je voulais connaître Jésus, je voulais connaître la Bible. Mais je ne pouvais l’apprendre que par des prédications et des études en église après le culte du samedi après midi. C’est pourquoi, je voulais aller chaque jour au culte du matin, de 6h à 7h.

 

J’avais en effet en moi une soif inexplicable. Je ne pouvais pas vérifier de mes yeux que Jésus était en moi.

 

Pendant la prière du matin, alors que je priais comme d’habitude, je commençai tout d’un coup à répéter les mêmes mots que je ne comprenais pas. « Qu’est-ce qui m’arrive ? », me dis-je sans pouvoir m’arrêter. Je ne pouvais pas me contrôler. Je ne sais pas combien de temps cela a duré, mais ce n’est qu’en m’arrêtant que je pus sortir de l’église.

 

Après cette étonnante expérience, un frère me conseilla de suivre un enseignement renforcé de la Bible, seule à seule avec un des responsables d’enseignement. Cela m’a apporté énormément de grâce sur les expériences que j’avais vécues ces derniers mois.

 

Grâce à la prière en langues, je pouvais être sûre que Jésus demeurait en moi. Je pouvais de plus en plus ressentir la volonté de Dieu. Pendant que ma foi croissait, je lus l’Evangile selon Jean. Jésus y était, le Saint-Esprit y était, Dieu également. En écrivant certains passages de la Bible, j’apprenais qui j’étais et Dieu faisait que je puisse me voir en face.

 

Ce fut le moment pour moi de faire un inventaire de mon existence. Je versai beaucoup de larmes lorsque je me rendis compte que j’étais une personne mauvaise, je ne savais pas aimer, je ne savais pas recevoir l’amour, je n’aimais même pas ma propre existence, ma vie était vide puisque Jésus n’étais pas ma priorité, c’est pour cela que j’étais si pessimiste et remplie de scepticisme, qu’à cause de cela, je ne ressentais aucun bonheur dans ce que je faisais, je vivais sans l’amour de Dieu, c’est pour cela que je blessais facilement les gens et que j’étais également facilement vexée, j’errais souvent sans but, j’étais souvent à bout psychologiquement et j’abandonnais facilement les entreprises car je n’avais pas d’objectifs dans ma vie.

 

L’amour que Jésus a versé sur la croix me toucha, me donna du courage, me fit me repentir, et me donna de la confiance. C’est pourquoi je priais tous les jours, que je puisse attendre avec bonheur les actions que Dieu accomplirait à travers moi. Je pus comprendre quel genre de personnes étaient mes amis et les frères et sœurs qui plaçaient leur espérance en Dieu. Je priai comme ceci : «  Dieu, fais que je puisse supporter les actions que tu as projeté d’accomplir par moi ». Je fus heureuse d’être croyante en voyant mon changement de comportement grâce à la prière. Dieu me remplit tellement de Son amour que je pouvais à mon tour aimer sans rien attendre en retour. Je me rendis compte que j’avais passé ma vie à recevoir. Je ne savais que recevoir.

 

Je n’aimais même pas mes parents. Et certaines fois, lorsque je déjeunais, ou même lorsque je travaillais, il m’arrivait de m’agenouiller et de confesser mon égoïsme. Je pus alors prier pour ma famille. Dieu avait excusé un pécheur comme moi, et je pouvais être sûre qu’il me guiderait sur la bonne voie. Je voulais le remercier de cet amour, mais je ne savais pas comment le lui rendre. Que puis-je faire pour Dieu ? Alors que certains servent le groupe de louanges, d’autres l’école du dimanche et certains servent en nettoyant l’église à la fin du culte, je ne trouvais pas le moyen de remercier Dieu. C’est pourquoi je ne rechignais pas à faire la vaisselle, à ramasser les ordures. C’étaient vraiment des services insignifiants mais qui me remplirent de grâce.

 

J’ai commencé à vouloir vivre selon la volonté de Dieu. Je voulais donc connaître sa volonté. C’est alors que je me suis rendu compte du nombre important de non-croyants et j’en eus le cœur brisé. Il n’y avait rien que je puisse faire et c’est pourquoi je me suis intéressée au voyage missionnaire en Afrique. Malgré le fait que je ne sois pas sûre de continuer mes études en France, j’ai prié Dieu pour que je puisse aller en mission. J’expérimentai ainsi par la prière la façon de procéder de Dieu. Il m’accorda la gloire de pouvoir y participer. J’ai senti sa présence depuis la création du groupe missionnaire, dans chacun des membres de ce groupe.

 

Je pensais : « il n’y a rien que je puisse faire », « Dieu va appeler des personnes non-croyantes grâce à moi », « il me faudra beaucoup prier pour pouvoir vraiment aimer les âmes perdues », « il faut d’abord que je me réconcilie avec mes proches et ma famille ». Après le voyage missionnaire au Cameroun, j’étais alors convaincue de ma mission. J’y ai entendu la voix de Dieu. Il voulait que je me donne à cent pour cent à lui, c’est à ce moment-là qu’il m’utiliserait pour Le servir.

 

Ma famille est d’origine bouddhiste. Par conséquent, elle est entièrement athée. Je verse des larmes lorsque je pense à ma mère, à mon père, au reste de ma famille. J’aimerais leur annoncer la bonne nouvelle. Il me faut pour cela être prête spirituellement. Malgré le fait que je ne sois pas tout à fait arrivée à maturité, je suis certaine que l’amour de Dieu, la croix de Jésus et la présence en moi du Saint-Esprit m’aideront. Je prie pour pouvoir accomplir convenablement la mission de répandre l’amour de Dieu. Si Dieu m’accorde cette faculté, je veux répandre la bonne nouvelle à mes proches ainsi qu’au monde. J’aime et je remercie Dieu qui fait toujours preuve de patience.