S.R.

née en 1975

française

médecin

J’ai « lâché le dernier quart »…et appris à mettre Dieu au centre ! 

 

D’aussi loin que je me souvienne, Dieu a toujours été présent dans ma vie. Mes parents et mes grands-parents étaient tous des chrétiens engagés et depuis que je suis toute petite, j’entends parler de Dieu et de Jésus. Dès ma plus tendre enfance, il me semblait donc normal de pouvoir parler simplement à Dieu et je sentais qu’Il était près de moi. Mais je savais également qu’un jour il me faudrait faire un pas de plus, pour accepter tout ce que Jésus avait fait pour moi personnellement et pour que ma vie lui soit consacrée. D’ailleurs souvent mon grand-père me demandait : « Est-ce que tu as donné ton cœur et ta vie entièrement à Jésus » ? Cette question me gênait et longtemps j’ai répondu : « Aux trois-quarts ! ». Je savais bien que cela ne suffisait pas… mais je ne me sentais pas tout à fait prête, pas prête à lâcher le dernier quart ! En fait, je ne me sentais pas assez bien pour suivre Jésus et me dire chrétienne. Je me disais qu’il fallait que je fasse encore des efforts pour m’améliorer, pour être plus gentille, plus obéissante !… Je pensais que lorsque je serais meilleure, alors je pourrais moi aussi donner ma vie entière à Jésus et Le suivre !

 

Et puis, en août 1985, je suis partie dans une colonie de vacances chrétienne. J’avais 10 ans. Et là, un jour, alors qu’on venait d’étudier la parabole de la vigne et des sarments dans Jean 15, tout d’un coup j’ai compris. J’ai compris que Jésus n’attendait pas que je sois meilleure pour m’offrir le salut et que c’était justement parce que je péchais et parce que je ne pourrais jamais être parfaite qu’il était mort pour moi aussi. « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». C’était le 11 août et c’est ce jour-là que j’ai « lâché le dernier quart ». J’ai prié seule dans ma chambre et j’ai reconnu que ce n’était pas par mes efforts que je pourrais mériter d’appartenir à Dieu. J’ai remis ma vie entre Ses mains en acceptant simplement Sa grâce et Son pardon par la mort de Jésus-Christ.

 

Ça n’a pas été une conversion spectaculaire mais désormais je savais que j’appartenais à Dieu et que j’étais sauvée.

 

Ce n’était pourtant que le début d’un long cheminement (qui est d’ailleurs probablement loin d’être terminé !) avec Dieu pour découvrir petit à petit qui Il est vraiment et apprendre à discerner sa volonté.

 

Dans les années qui ont suivi, j’ai continué à participer à la vie de mon église et notamment j’ai pu continuer à apprendre à connaître Dieu à l’école biblique puis au groupe de jeunes.

 

Il me semble qu’ensuite il y a eu des périodes plus difficiles où je me suis éloignée de Dieu. Pas parce que je ne croyais plus en Lui ni parce que j’étais en révolte, mais plutôt parce que j’étais dans une sorte de routine. J’allais toujours à l’église mais j’avais du mal à ouvrir ma Bible et à ressentir la présence de Dieu. J’avais l’impression que Dieu était loin et que je n’avançais plus. J’avais envie de revenir plus près de Dieu mais je ne savais pas comment faire.

 

Les choses ont commencé à changer lorsque nous sommes arrivés à Bourges avec Laurent. A l’époque où nous attendions de savoir où je serai envoyée pour terminer mes stages de médecine, nous avons beaucoup prié pour l’endroit où nous allions vivre. Nous espérions rester vivre en Touraine, mais avions sincèrement prié pour que Dieu fasse pour le mieux et qu’Il nous conduise où Il voulait que nous soyons. Bizarrement, je crois que c’était une des premières fois où je priais vraiment pour que la volonté de Dieu s’accomplisse et non pas pour demander à Dieu de réaliser mes demandes !

 

J’espérais rester à Tours, mais Dieu m’a envoyée… à Bourges ! Ça a été difficile au début, car je me suis retrouvée séparée de mon mari. Mais un an plus tard, lorsque Laurent a pu me rejoindre et que nous avons emménagé pour de bon à Bourges, nous avons compris pourquoi nous étions là. Nous sommes allés pour la première fois à l’église de Bourges où nous avons été très bien accueillis mais où il y avait très peu de monde et là, nous avons eu la certitude, tous les deux, que c’était là la réponse de Dieu. Que c’était pour cela que nous avions dû déménager à Bourges : c’était pour Le servir dans cette église.

 

Nous nous sommes assez rapidement investis, bien plus que nous ne l’avions fait auparavant dans les églises où nous avions grandi chacun de notre côté. Cela a été l’occasion pour l’un comme pour l’autre de retrouver un enthousiasme dans la foi que nous avions un peu perdu. Nous étions sans doute davantage disponibles pour Dieu et nous nous sentions encouragés et bénis.

 

Les choses n’ont pas toujours été simples car parfois nous avions l’impression que le travail était trop lourd, au-dessus de nos capacités. Et puis il y a eu des conflits au sein de l’église, des moments de doute. Mais nous nous rappelions cette certitude que Dieu nous avait Lui-même envoyés ici et cela nous a beaucoup aidés à tenir dans les moments difficiles.

 

Deux choses notables dans cette période ont fortifié ma foi.

 

La première a été la conversion de mon amie de toujours. Là encore, j’avais eu la certitude que Dieu ne nous avait pas réunies à Bourges par hasard et qu’Il voulait m’utiliser. Quand elle s’est à son tour tournée vers Dieu et qu’elle s’est mise de tout son cœur à le servir, ça a été une réponse à mes prières et un encouragement incroyable pour ma propre foi.

 

La seconde chose a été de participer aux études des « 40 jours pour l’essentiel » avec plusieurs membres de notre église. Il me semble que ça m’a permis d’envisager ma vie avec Dieu de façon assez différente et notamment de prendre conscience que je n’étais pas au centre de l’Univers et que Dieu n’était pas là uniquement pour répondre à mes besoins mais que Lui était au centre et que moi, j’étais là pour être à son service.

 

Cette série d’études a été très enrichissante pour notre groupe et a donné lieu à beaucoup de grandes discussions avec Laurent ! C’était comme si Dieu ouvrait nos yeux et notre cœur à des vérités qui étaient à notre portée depuis des années mais sans que nous ayons pu les saisir vraiment. Cela concernait principalement le discernement du plan de Dieu et notre place en tant que disciples.

 

Une chose encore qui a fait évoluer ma vision de Dieu a été de commencer à préparer de temps en temps des études et des prédications. C’est un travail qui me « coûte », mais en même temps, qui m’enrichit énormément. Je me suis aperçue que pour préparer un enseignement pour d’autres, je lisais la Bible de manière très différente, beaucoup plus attentive, plus honnête. A chaque fois que je me suis plongée dans le texte de cette façon, Dieu s’est révélé à moi. Cela m’a obligée à remettre en cause pas mal de concepts ou d’idées que j’avais appris dans mon enfance ou ma jeunesse sans vraiment vérifier de près ce que la Bible en disait.

 

Je suis reconnaissante à Dieu de tout ce qu’Il a fait pour moi au cours de ces années. Je me sens privilégiée d’être son enfant. Je sais aussi que le chemin est encore long et que j’ai encore beaucoup à apprendre, notamment pour Lui faire davantage confiance dans tous les domaines de ma vie, dans les moments faciles comme dans les périodes de découragement ou de doute. J’ai besoin régulièrement de me recentrer sur Lui. Mon souhait est d’apprendre à me reposer sur Dieu à chaque instant, de chercher continuellement sa présence et de le servir plus fidèlement.